LAOSOPHIE par opposition à Démosophie

Laos signifie le Peuple de DIEU, la Nation prise dans son ensemble. C'est du mot grec LAOS que vient le mot Laïque. Seul le Peuple est souverain. Il est temps de réunir ceux qui veulent redonner le Pouvoir au Peuple de Dieu et au Libre Arbitre des Hommes. (ce Blog non professionnel, ne fait pas appel à la publicité ni à des subventions pour exister , il est gratuit et tenu par des bénévoles).

 

christ

WWIII : AUX TEMPS DE LA FIN, ON RESSUSCITE LES MORTS ET LES VIVANTS DANS L'ETAT OU ILS ONT MENE LEURS VIES.

Publié le 11 novembre 2017 par José Pedro, collectif des rédacteurs dans LAOSOPHIE sur Overblog

Contexte
Jean 11
24Je sais, lui répondit Marthe, qu'il ressuscitera à la résurrection, au dernier jour. 25Jésus lui dit: Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort; 26et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais. Crois-tu cela?…
Références Croisées
Jean 1:4
En elle était la vie, et la vie était la lumière des hommes.

Jean 3:16
Car Dieu a tant aimé le monde qu'il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse point, mais qu'il ait la vie éternelle.

Jean 5:21
Car, comme le Père ressuscite les morts et donne la vie, ainsi le Fils donne la vie à qui il veut.

Jean 5:26
Car, comme le Père a la vie en lui-même, ainsi il a donné au Fils d'avoir la vie en lui-même.

Jean 6:39
Or, la volonté de celui qui m'a envoyé, c'est que je ne perde rien de tout ce qu'il m'a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.

Jean 14:6
Jésus lui dit: Je suis le chemin, la vérité, et la vie. Nul ne vient au Père que par moi.

Colossiens 3:4
Quand Christ, votre vie, paraîtra, alors vous paraîtrez aussi avec lui dans la gloire.

Apocalypse 1:18
et le vivant. J'étais mort; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts.

Le nom de cette paracha, Vayé’hi, signifie « il vécut », se référant à la façon dont Jacob passa les dernières années de sa vie en Égypte. Sachant que le nom d’une paracha exprime son contenu dans son ensemble, nous serions fondés d’attendre à ce qu’une paracha intitulée « il vécut » soit consacrée au récit des principaux événements de la vie de Jacob. Or, la parachat Vayé’hi est consacrée à l’exact inverse, c’est-à-dire aux événements qui vont conduire à la mort de Jacob et à ses conséquences. Dans cette paracha, Jacob donne ses dernières bénédictions à ses fils et petits-fils, rend son dernier souffle et est enterré par ses fils dans la grotte de Makhpélah. Tout ceci est suivi du récit de la mort de son fils préféré et successeur désigné, Joseph. La parachat Vayé’hi est ainsi évocatrice de la parachat ‘Hayé Sarah, dont le nom signifie « la vie de Sarah » bien qu’elle fut centrée sur les événements qui eurent lieu à la suite de sa mort.

Comme cela a été expliqué à propos de Sarah, notre vie ne peut être qualifiée d’authentique que lorsque nos idéaux survivent en ceux qui nous succèdent. Ainsi, paradoxalement, tant que nous sommes vivants physiquement, il n’est pas du tout certain que nous soyons véritablement « vivants », car la preuve d’une vie vraie ne se manifeste qu’après la mort. Si nos descendants restent fidèles aux valeurs que nous leur avons transmises, il devient alors rétroactivement clair que nous étions également « vivants » pendant notre vie. Autrement cela signifie que, même de notre vivant, nous étions fondamentalement « morts ».

Cette perspective permet d’expliquer pourquoi ici, dans la paracha Vayé’hi, la Torah fait précéder à la mention de l’âge de Jacob quand il mourut la phrase : « Jacob vécut dix-sept ans en terre d’Égypte. » Dans la parachat ‘Hayé Sarah, on ne trouve pas de telle phrase introductive concernant Sarah. On nous y informe seulement de son âge au moment de sa mort. Le fait que Jacob vécut dix-sept ans en terre d’Égypte avant de mourir – des années dont il nous est dit qu’elles furent les meilleures de sa vie, pleines de réelle satisfaction à la vue de ses enfants et ses petits-enfants fidèles à ses idéaux – prouve qu’il fut réellement « vivant » au cours de sa vie. Le fait qu’il sût préserver sa propre spiritualité dans le monde corrompu et idolâtre de l’Égypte et qu’il réussit à élever ses enfants et ses petits-enfants dans le même esprit atteste du caractère foncièrement authentique de sa vie.

De fait, la vie de Jacob se perpétua si réellement dans la vie de ses descendants que la Torah n’emploie même pas le terme « mourir » quand elle relate sa mort. Elle dit seulement qu’il cessa de respirer (Genèse 49,33) et le Talmud assure donc que, fondamentalement, Jacob n’est pas mort ! (Taanit 5b)

De plus, comme nous le verrons par la suite, la mort de Jacob indiqua l’amorce d’une descente qui allait se conclure par l’asservissement physique de tous ses descendants. Le fait que le peuple juif demeurât fidèle à l’héritage de Jacob même dans des circonstances aussi difficiles est une preuve supplémentaire que sa mort démontra le plus clairement possible qu’il fut non seulement « vivant » sa vie durant, mais qu’il continua de l’être même après également.

Comme nous l’avons vu, dès sa jeunesse, Jacob incarna l’érudit en Torah par excellence. (Genèse 25,27, etc). En même temps qu’il absorbait les connaissances renfermées dans la Torah, il s’imprégna aussi de la transcendance de la Torah, de son immuable essence divine qui la rend intrinsèquement, universellement et éternellement pertinente dans tous les aspects de la vie. C’est ce qui lui permit de surmonter toutes les vicissitudes de la vie, de faire de tous ses enfants des hommes vertueux malgré leurs personnalités différentes et d’assurer que les années qu’il passerait en Égypte seraient ses meilleures années. La Torah, étant l’incarnation de la volonté et de la sagesse de D.ieu, est vérité. L’étude de la Torah est donc la poursuite de la vérité. C’est pourquoi, par extension, l’engagement dans la Torah signifie un dévouement sans compromis à la vérité. La Torah fut la clé de Jacob pour la vie éternelle, car la vérité, par définition, est éternelle.

Dès lors, la leçon de la parachat Vayé’hi est que nous pouvons nous aussi surmonter toutes les dernières difficultés de l’exil, réussir à éduquer nos enfants de sorte qu’ils restent fidèles à leur héritage, et profiter de toutes les bénédictions d’abondance spirituelle et matérielle – c’est-à-dire avoir un avant-goût de la douceur de l’ère messianique prochaine – même si nous sommes encore en exil, à travers l’étude de la Torah et l’accomplissement de ses commandements.


Il est donc approprié que le premier livre de la Torah s’achève par le message de Vayé’hi, « il vécut ». Alors que le rideau s’abaisse sur les fondations établies par les Patriarches et que nous nous préparons à assister à la maturation de leur descendance en un peuple à part entière qui assumera le rôle de « royaume de nobles et nation sainte » (Exode 19,6), la parachat Vayé’hi nous rappelle que le Livre de la Genèse n’est pas une simple œuvre littéraire, un hommage sentimental ou partisan aux ancêtres de notre nation qui, aussi impressionnants qu’ils aient pu être, sont morts et enterrés et appartiennent donc au passé. Non, ils sont vivants, réellement vivants, et c’est seulement en s’identifiant à leurs aspirations, en intériorisant leur héritage et en y restant fidèles, que nous aussi pouvons être réellement vivants. Tant que nous sommes en exil, nous continuerons à être sollicités par les tentations provocantes de la pseudo-vie autour de nous (et à l’intérieur de nous). Mais la Torah est « une Torah de vie » (Liturgie, Amidah. Avot deRabbi Nathan, chapitre 34), qui nous stimule éternellement à rester au-dessus de ces tentations et à « choisir la vie » (Deutéronome 30,19), en accomplissant les commandements de D.ieu, (Lévitique 18,5), transformant ainsi notre vie et le monde autour de nous en une résidence pour D.ieu, la véritable (Psaumes 36,12), « source de vie ». (Likoutei Si’hot, vol. 15, pp. 427-430 ; Sefer HaSi’hot 5749, vol. 1, pp. 164-172 ; Si’hot Kodech 5741, vol. 1, pp. 763-766 ; Sefer HaSi’hot 5751, vol. 1, pp. 225-227)

 

En ne donnant pas à la résurrection d’entre les morts la place qui lui appartient, la plupart des chrétiens en sont arrivés à s’intéresser spécialement à l’état de l’âme après la mort, — sujet important et que nous allons voir de plus près ci-après, mais qui n’est pas la grande vérité chrétienne, comme l’est la résurrection des saints. Nous disons : vérité chrétienne, car l’Ancien Testament la distingue peu. Il considère l’avenir sous l’aspect des bénédictions terrestres apportées par le Messie. Cela explique un peu comment l’hérésie des sadducéens pouvait subsister à côté de l’orthodoxie des pharisiens. Non pas qu’elle fût excusable, car le Seigneur leur dit, en citant Ex. 3:6 : « Vous errez, ne connaissant pas les écritures, ni la puissance de Dieu… Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants ; car pour Lui tous vivent » (Matt. 22:29 ; Luc 20:38). Même en des temps très reculés, Job était convaincu de la résurrection de son corps : « Moi, je sais que mon Rédempteur est vivant, et que, le dernier, il sera debout sur la terre. Et après ma peau, ceci sera détruit, et de ma chair je verrai Dieu, que je verrai, moi, pour moi-même ; et mes yeux le verront, et non un autre » (Job 19:25-27). De même aussi nous trouvons en Daniel 12:13 : « Et toi, va jusqu’à la fin ; et tu te reposeras, et tu te tiendras dans ton lot, à la fin des jours ».

Quant au Nouveau Testament, il est aisé de prouver qu’il est rempli de cette vérité de la résurrection. Elle résulte du fait que le Sauveur « a annulé la mort et a fait luire la vie et l’incorruptibilité par l’évangile » (2 Tim. 1:10). Il a introduit cette condition de la vie éternelle qui place l’âme et le corps au-delà de la mort et de sa puissance. L’incorruptibilité a été pleinement réalisée en Lui, car Dieu n’a pas permis que sa chair vît la corruption (Actes 2:31) ; mais, si notre corps à nous est « semé en corruption », il ressuscite « en incorruptibilité », car « la trompette sonnera et les morts seront ressuscités incorruptibles… il faut que ce corruptible revête l’incorruptibilité » (1 Cor. 15:42, 52, 53).

La résurrection est donc l’état définitif du chrétien. La résurrection d’entre les morts a été inaugurée par Christ, qui en est Lui-même les prémices, et elle est notre part assurée, en vertu de notre union avec Lui.

L’état de l’âme après la mort n’est donc qu’un état intermédiaire, du plus haut prix sans doute, pour le chrétien, mais cependant transitoire et n’ayant rien de définitif. C’est pourquoi l’Écriture en parle relativement peu, tout en nous renseignant sur les bénédictions que cet état comporte. N’oublions pas, tout d’abord, qu’une de ces bénédictions, la vie éternelle, est commune à toutes les phases de l’existence du chrétien :

  • comme homme ici-bas, il a la vie éternelle,
  • comme âme, séparée du corps, il jouit de cette même vie dans une sphère nouvelle,
  • comme ressuscité ou transmué, il la possédera et en jouira dans la gloire.

L’état intermédiaire dont nous parlons est composé de deux éléments. Le corps meurt, l’âme vit. Pour le chrétien, la mort du corps est appelée le sommeil. L’Ancien Testament emploie constamment ce mot pour exprimer la mort. « Il s’endormit avec ses pères », tel est le terme habituel pour exprimer la mort, soit des bons, soit des méchants rois en Israël. Dans le Nouveau Testament, le mot mourir, mort, caractérise habituellement les non croyants, tandis que le mot dormir, s’endormir, n’est employé que pour les croyants. Le Seigneur dit à ses disciples : « Lazare… s’est endormi » et il ajoute ensuite : « Lazare est mort » seulement parce qu’ils ne comprenaient pas ce qu’Il voulait dire (Jean 11:11-14).

Ce même passage nous prouve que le dormir ne signifie pas le sommeil de l’âme, mais la mort du corps.

Il est bien remarquable que, si le Nouveau Testament emploie très exceptionnellement pour le « délogement » des chrétiens le terme la mort, ce même mot est appliqué continuellement au Seigneur lui-même, parce qu’il a pris sur Lui, pour l’annuler, la mort qui nous était due.

Si l'on jouit pleinement après le délogement; je tiens beaucoup à vous mettre au clair là-dessus. Je crois comprendre votre pensée. — C'est clair que l'espérance du chrétien, l'espérance de l'église, c'est la venue du Seigneur. Et même individuellement, ce ne sera qu'à ce moment-là que je recevrai mon corps glorieux. L'œuvre de la rédemption ne s'arrêtera pas jusqu'à ce que nos corps mortels soient vivifiés par la puissance de la résurrection (Romains 8: 11). Alors s'effectuera, finalement, la réponse à la grande question de Romains 7: Qui me délivrera de ce corps de mort? Je dis finalement, parce qu'en principe la chose est faite, nous nous tenons pour morts et ressuscités. Mais de fait nous sommes ici-bas dans ce corps d'humiliation, mais aussi nous marchons dans la vie, ayant la résurrection de Christ pour point de départ, et notre résurrection personnelle pour point de mire; celle-ci consommera notre rédemption personnelle (voyez Romains 8: 11 et 23; 1 Corinthiens 15: 51-58; 2 Corinthiens 4: 14; 5: 1-5; Philippiens 3: 20, 21; Ephésiens 4: 30; 1 Thessaloniciens 4: 15-18 etc.). Voilà qui est assez clair comme étant l'espérance chrétienne proprement dite.

Quant au délogement, voici ce qui en est: Nous sommes dans la vie, cette vie a succédé à la mort; celle-ci n'est plus du tout devant nous, elle est derrière. Nous avons la vie, cette vie ne peut se discontinuer, ni se terminer, c'est la vie éternelle. J'ai dit que cette vie a succédé à la mort qui est derrière; mais cette mort a été la mort de la vie qui a précédé. Cette vie-là n'existe plus. (Galates 2: 20). — Cette mort de la vie d'Adam est donc un gain, et comme telle, elle est à nous (1 Corinthiens 3: 22), elle nous délivre. La chose a eu lieu en principe à la croix, et nous sommes exhortés à en faire l'application pratique (Colossiens 3: 5). Par cette application pratique, en nous tenant pour morts, nous sommes délivrés graduellement de ce qui entrave l'activité de notre nouvelle vie. C'est donc un gain de mourir chaque jour (1 Corinthiens 15: 31), de porter toujours, partout, dans le corps, la mort du Seigneur Jésus (2 Corinthiens 4: 10).

Nous sommes en communion avec Dieu et avec Jésus par le fait que nous avons la vie, et plus nous réalisons la mort, plus cette communion est intime, les entraves étant mortifiées. Si donc la mort est un gain pratiquement; combien plus quand nous en finissons définitivement avec ce qui est mortel, qui entrave et qui fait gémir? Quel débarras d'en finir avec le corps d'humiliation et la chair qu'il contient. — Et si ici-bas nous pouvons déjà jouir intimement de notre Sauveur; qu'est-ce donc, quand nous sommes absents du corps pour être avec Lui, sinon la jouissance pleine et entière, sans entraves, de notre relation personnelle avec ce précieux Sauveur? Oui, être avec Christ est beaucoup meilleur que de demeurer dans ce corps et dans ce monde. Etre avec le Seigneur, quelle réjouissante pensée. Que peut-il nous arriver de meilleur, personnellement, que de déloger pour être avec Christ? — Je dis personnellement, parce que, collectivement, nous attendons la gloire, nos corps glorieux semblables à Jésus. Nous jouirons aussi les uns des autres dans cette gloire, nous serons consommés dans l'unité et dans la gloire (Jean 17: 22, 23). Nous serons couronnés si nous avons marché avec le Seigneur, si nous avons aimé son avènement (2 Timothée 4: 8). Quel encouragement, quel glorieux bonheur, quelle mutuelle consolation actuelle (2 Thessaloniciens 4: 18). Mais cela ne fait pas déprécier le gain immense qu'il y a, personnellement, d'attendre la gloire en étant auprès du Seigneur sans entraves; ou de l'attendre ici-bas dans le combat. Cependant si nous servons Christ, il vaut la peine de rester ici-bas (Philippiens 1: 21). Quelle belle part nous avons: Vivre, c'est Christ; mourir, un gain. — Je crois que l'ennemi profite du manque d'affranchissement de beaucoup de chrétiens pour leur faire craindre le délogement, de sorte qu'ils sont tentés de préférer la transmutation, parce qu'ils ont frayeur de la mort (comp. Hébreux 2: 14, 15) et c'est pour combattre cela qu'il est bon d'insister sur la vérité, que mourir est un gain. Et j'y vois même un privilège qui est à apprécier. Paul, en Philippiens 3, désire être rendu conforme à la mort de Christ, son Seigneur, pourvu qu'il atteigne Christ glorieux, qu'il parvienne à la résurrection d'entre les morts; peu lui importe le chemin pour y arriver: s'il faut même qu'il passe par la mort comme Christ y a passé, il est content. Avez-vous pensé à ce privilège, de parvenir à la gloire, personnellement, par le même chemin que Christ, c'est-à-dire, en passant par là mort (positivement quant au corps) et ensuite par la résurrection? Mais il y a encore ceci: Si l'on a marché avec le Seigneur, si l'on est manifesté à Dieu, de manière qu'au moment du départ il n'y ait rien à régler, l'on fait, à ce moment-là, une expérience de ce qu'est Jésus, que l'on ne peut pas faire, ni comprendre, sans y passer; et après cette dernière précieuse expérience, l'on se trouve vers Lui. Quoi de plus doux et de plus désirable personnellement? — En tout ceci je fais la part des souffrances physiques qui précèdent ordinairement le délogement, et des circonstances qui l'accompagnent pour ceux qui restent; mais j'insiste sur le privilège personnel qu'il y a dans le fait en lui-même pour celui qui y passe, comme étant un gain de bien des manières. — Quel bonheur d'être la propriété du Seigneur, de n'avoir rien à choisir ni à préférer, mais de s'en remettre à sa volonté avec sécurité, sachant que nul ne vit pour soi-même, et nul ne meurt pour soi-même, mais soit que nous vivions, soit que nous mourions, nous sommes du Seigneur (Romains 14: 7, 8). — Oui, il vaut la peine de rester ici-bas pour le Seigneur: de quelle importance est notre carrière chrétienne, pour lui et pour nous! Il demande lui-même au Père, en Jean 17, que nous ne soyons pas ôtés du monde, mais que nous soyons gardés du mal: car il y a des délogements qui, au lieu d'être un privilège, sont une discipline (voyez Actes des Apôtres 5: 1-11; 1 Jean 5: 16, 17; 1 Corinthiens 11: 30-32), quoiqu'il reste vrai en tous cas, qu'être absents du corps, c'est être avec le Seigneur. — Mais considérez le langage du bienheureux apôtre Paul en 2 Timothée 4: 6-8; voilà un bel exemple de l'espèce de délogement, dont je parle comme étant un privilège. Oui, quand l'on peut dire que l'on a achevé la course, que l'on a gardé la foi, que l'on sait d'où l'on vient et où l'on va, quoi de plus doux que de s'en aller vers Jésus, et d'attendre là la gloire et les couronnes, en jouissant pleinement de notre relation personnelle avec Jésus.

Je désire bien que vous compreniez qu'en tout ceci, je n'ai pas la moindre pensée d'affaiblir la gloire positive de la transmutation, comme étant une conséquence glorieuse de la victoire qui a été remportée sur la mort, de manière que, pour nous, le fait physique est réduit à la question de peut-être (comp. Jean 11: 24-26). Mais mon but est de combattre la tendance générale chez les chrétiens mal affranchis, de faire de la transmutation une spéculation, parce que l'on a encore frayeur de la mort. Hélas! souvent, cette frayeur de la mort est une preuve que l'on n'a pas beaucoup réalisé la vie en se tenant pour morts. — Quelle sécurité de pouvoir s'en remettre simplement à ce que Dieu a décidé pour nous, et de comprendre que toute notre affaire, pendant que nous sommes présents dans le corps, c'est de nous efforcer d'être agréables au Seigneur (2 Corinthiens 5: 9, 10).

«Pour moi vivre, c'est Christ», que ce soit la devise

De tous tes rachetés; que chacun d'eux le dise

Et que tous sachent l'accomplir»

« Christ est mort pour nos péchés, selon les écritures » (1 Cor. 15:3). « Il est mort pour tous » (2 Cor. 5:14, 15). (Voyez encore Jean 12:24, 33 ; 18:32 ; Rom. 5:6, 8, 10 ; 8:34 ; 1 Cor. 11:26 ; 1 Thess. 5:10 ; Héb. 2:9). Il a rendu impuissant, par la mort, celui qui avait le pouvoir de la mort, c’est-à-dire le diable (Héb. 2:14). En entrant dans la mort, il l’a annulée (2 Tim. 1:10). Maintenant, il a été mort … et il tient les clefs de la mort et du hadès, c’est-à-dire du lieu invisible où vont les âmes après la mort (Apoc. 1:18). Jamais ni le hadès, ni la mort ne pourront plus retenir nos âmes ou nos corps. Hélas ! ceux qui n’ont pas cru continuent à être appelés les morts. Ce qui est réservé aux hommes, c’est « de mourir une fois, - et après cela le jugement » (Héb. 9:27). « Le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis » (Apoc. 20:5). « Je vis les morts, les grands et les petits, se tenant devant le trône » (Apoc. 20:12). (Voyez encore : 1 Cor. 15:22 ; Rom. 5:12, 17 ; 6:23).

Il n’est donc pas dit du croyant qu’il meurt, mais qu’il s’endort (1 Thess. 4:13, 14, 15 ; Matth. 27:52 ; Jean 11:11, 12 ; 1 Cor. 11:30 ; 15:20, 51). Peut-on parler de la mort d’un homme qui, peut-être, au moment où vous le descendez dans la fosse, en sortira resplendissant de vie ? Sans doute, depuis la mort du premier croyant sur la terre, des myriades de morts en Christ attendent le moment où leurs âmes seront réunies à leurs corps ressuscités. Mais, ni pour elles, ni pour nous qui attendons le Seigneur, il n’y a du retardement, car nous en savons la cause : Dieu attend avec patience, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais que tous viennent à la repentance (2 Pierre 3:9). Que nos corps tombent en poussière, que cette poussière soit dispersée aux quatre vents des cieux, rien n’empêchera le Créateur des cieux et de la terre de la retrouver et d’en former en un clin d’œil des corps glorieux, dont il est dit : « Nous savons que, si notre maison terrestre qui n’est qu’une tente, est détruite, nous avons un édifice de la part de Dieu, une maison qui n’est pas faite de main, éternelle, dans les cieux » (2 Cor. 5:1).

Le sommeil est donc le terme employé pour la mort du chrétien, quant à son corps. Il sortira en résurrection de ce sommeil, avec un corps glorieux, semblable à celui de Christ, pour le voir tel qu’il est, et pour être toujours avec Lui. Jamais le croyant ne viendra en jugement, tandis que le non croyant ressuscitera pour paraître immédiatement devant le grand trône blanc où il sera jugé (Apoc. 20:11-15).

Si le chrétien s’est endormi, s’il est dépouillé momentanément de son habitation terrestre qui n’est qu’une tente, que devient son âme ainsi délogée ? La Parole est aussi claire que possible sur ce sujet. L’âme est avec Christ. J’ai « le désir de déloger et d’être avec Christ, dit l’apôtre, car cela est de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23). Il dit encore : « Nous aimons mieux être absents du corps et être présents avec le Seigneur », bien qu’il ne désire pas être dépouillé de son corps mortel, mais revêtu d’un corps glorieux, « afin que ce qui est mortel soit absorbé par la vie » (2 Cor. 5:4-8). Heureuse perspective ! Elle remplit de paix les chrétiens âgés, qui ont grandi dans la connaissance du Seigneur, ont joui pendant leur vie de sa communion et dont la devise a été : « Vivre c’est Christ ». Elle encourage, soutient, réjouit les âmes jeunes dans la foi qui, sans avoir encore beaucoup d’expérience, se confient, comme des agneaux, aux bras du bon Berger. Mais, d’autre part, combien cette perspective est angoissante pour ceux qui, tout en étant des enfants de Dieu, ont vécu avec le monde et pour lui, sans comprendre que leur tâche unique était de vivre pour le Seigneur !

Être avec Christ, telle est donc la première, la suprême bénédiction de l’âme du chrétien séparée de son corps. Christ est désormais son unique objet. Rien ne vient plus s’interposer entre elle et son Sauveur ; la communion avec Lui, si facilement détruite ici-bas, est désormais ininterrompue. Toutefois ce n’est pas encore la perfection qui ne peut être atteinte que par la résurrection d’entre les morts (Phil. 3:11, 12). Aucun croyant n’y parviendra isolément ou en devançant les autres, mais tous y entreront ensemble. Parlant des croyants de l’ancienne alliance, l’apôtre dit qu’ils « n’ont pas reçu ce qui avait été promis, Dieu ayant eu en vue quelque chose de meilleur pour nous, afin qu’ils ne parvinssent pas à la perfection sans nous » (Héb. 11:39-40). Or la perfection, c’est d’atteindre, par la résurrection d’entre les morts, la même gloire que Christ, de lui être « semblables, car nous le verrons comme il est » (1 Jean 3:2). Tel n’est pas l’état de l’âme après la mort, mais ce que nous savons, c’est qu’elle est avec Christ.

Cela nous suffit-il quand nous pensons à la possibilité de mourir ? Avons-nous besoin d’autre chose ? Voudrions-nous substituer à la bénédiction suprême d’être avec Lui, les misérables rêveries dont on nous entretient ? Si nous leur prêtons l’oreille, c’est que le Seigneur n’a pas dans nos cœurs la place qu’il y devrait occuper, c’est que nous n’avons pas réalisé cette parole de l’apôtre : « Pour moi, vivre c’est Christ ».

« En vérité, je te dis : Aujourd’hui tu seras avec moi dans le paradis » (Luc 23:43). Ces mots adressés au brigand converti nous amènent à parler du lieu où se trouvent les âmes après la mort.

Dans l’Ancien Testament, ce lieu est inclus dans le terme très vague de shéol ou lieu invisible, sans que soient distingués le lieu où se rendent les âmes des bienheureux et le lieu pour les âmes des réprouvés. Ce vague s’explique par le caractère des promesses faites à Israël, en vue d’une gloire terrestre et non pas céleste et invisible.

Lorsque Jésus paraît sur la terre, sa présence même est la révélation des choses invisibles. À un moment donné (Luc 16 à partir du v. 19), on le voit tirer le voile qui cachait le shéol (ou hadès), lieu où se rendent les âmes après la mort. Il montre dans un récit (si certains y voient plutôt une parabole, cela ne change rien), que certaines âmes sont consolées dans un lieu de repos et de délices, tandis que les âmes de ceux qui ont « reçu leurs biens pendant leur vie », sont dans un lieu de tourment, autre région du hadès.

Le lieu de délices est appelé sein d’Abraham, car c’est ce que pouvaient comprendre, à l’époque, les auditeurs juifs du Seigneur ; c’était la meilleure place que pût souhaiter un Juif. Cette place est pour nous le sein de Jésus, depuis qu’ayant terminé son œuvre, il est allé s’asseoir dans les lieux très hauts.

Le Seigneur montre aussi qu’il n’y a pas de sommeil de l’âme séparée du corps, et que l’âme de ceux qui ont passé par la mort est ou bienheureuse ou bien dans les tourments, mais nullement en train de dormir.

Le Seigneur montre enfin qu’il n’y a aucune communication possible entre ces deux régions du hadès, et que le sort de ceux qui s’y trouvent est irrévocablement fixé. Nulle question, par conséquent, d’un développement graduel, du passage d’une sphère dans une autre plus élevée. La Parole détruit d’une phrase ces théories insensées : « Outre tout cela, dit-elle, un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous ».

Sur la croix, où s’accomplit l’expiation, le Seigneur ne présente pas le lieu invisible sous la forme d’une parabole. Il l’ouvre, dans toute sa splendeur, aux yeux du pauvre brigand converti : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis ». Le paradis est le troisième ciel (2 Cor. 12), auquel correspond, en figure, le lieu très saint du temple, car le temple était divisé en trois parties, le parvis, le lieu saint et le lieu très saint.

Il n’y a pas un quatrième ciel, et encore moins un septième ciel, selon l’expression française courante, dont l’origine, dans ce sens-là, n’est pas biblique, mais coranique.

Le paradis est donc le ciel le plus élevé, le ciel de Dieu, « le paradis de Dieu » (Apoc. 2:7). C’était là que Paul avait été ravi. Comment ? Dieu seul le savait, mais Paul était certain qu’il pouvait aussi bien s’y être trouvé à l’état d’âme séparée du corps, que dans le corps. « Je connais, dit-il, un homme en Christ, qui, il y a quatorze ans (si ce fut dans le corps, je ne sais ; si ce fut hors du corps, je ne sais ; Dieu le sait), je connais un tel homme, qui a été ravi jusqu’au troisième ciel. Et je connais un tel homme (si ce fut dans le corps, si ce fut hors du corps, je ne sais, Dieu le sait), -qu’il a été ravi dans le paradis, et a entendu des paroles ineffables qu’il n’est pas permis à l’homme d’exprimer » (2 Cor. 12:2-4). Dans cet état, l’apôtre était semblable aux disciples sur la sainte montagne, en cela qu’il avait seulement entendu et non pas vu, mais c’était plus que la voix du Père, disant : Écoutez mon Fils bien-aimé ; c’étaient des paroles ineffables absolument inexprimables dans un langage humain. Paul ne pouvait les révéler à personne, car aucun homme ne les aurait comprises. Il en est ainsi pour les âmes qui sont dans le Paradis avec Jésus. Notre curiosité ne trouve dans la Parole aucune nourriture à leur sujet ; les choses qu’elles entendent ne sont pas de notre domaine.

Remarquez encore que le paradis n’est pas la gloire. Certains chrétiens parlent d’un croyant qui est mort comme ayant atteint la gloire. Mais ce n’est pas ce que la Parole présente. Sans doute la gloire est dans le paradis, puisque Christ s’y trouve, mais nous ne pouvons entrer nous-mêmes dans la gloire, que comme des êtres complets et définitifs, corps et âme réunis, et non dans un état intermédiaire. On se fait communément une fausse idée de la gloire, en la considérant comme un lieu. La gloire est une manifestation. Elle est l’ensemble des perfections divines — majesté, magnificence, sagesse, vérité, puissance, sainteté, justice, amour — mis en évidence. Nous contemplerons en Christ cette gloire qu’il avait auprès du Père, avant que le monde fût, et qu’il a reçue de Lui, comme homme glorifié ; mais, quand nous serons semblables à Christ, nous aurons part à sa gloire, et elle sera aussi manifestée en nous (Jean 17:22, 24). Le paradis n’est donc pas la gloire, mais un lieu invisible de délices.

Les chrétiens parlent beaucoup de reconnaître dans le ciel ceux qui les ont quittés. Je n’en doute pas, mais nous reconnaîtrons tout aussi bien ceux que nous n’avions pas connus ici-bas. C’est ainsi que les disciples reconnaissent, sur la sainte montagne, Moïse et Élie qu’ils n’avaient jamais vus. Ceux-ci, paraissant en gloire, ne sont occupés que de parler avec Jésus.

Mais s’il nous est fort peu parlé de rejoindre, après notre délogement, ceux que nous avons aimés (2 Sam. 12:23), il nous est dit par contre, non pas qu’ils nous ont devancés, mais que nous ne les devancerons pas quand nous, les vivants transmués, nous serons ravis ensemble avec nos bien-aimés, ressuscités d’entre les morts, à la rencontre du Seigneur. En un instant, tous les saints seront rassemblés sur la terre, pour être enlevés vers Lui (1 Cor. 15 ; 1 Thess. 4). Les liens et les affections, tels que nous les avons connus sur la terre, n’ont plus aucune place dans la gloire. Un même amour, une même pensée, concentrés sur un seul et même objet (Christ), s’est emparé de toutes les puissances, de toutes les aspirations de notre être.

Celui qui connaît mal le Sauveur, peut se figurer qu’il trouvera là-haut des sujets plus intéressants que Lui. Le chrétien intelligent sait que Jésus remplit le troisième ciel de sa présence, comme jadis, devant le prophète, les pans de sa robe remplissaient le temple (És. 6:1). Or « Ésaïe dit ces choses parce qu’il vit sa gloire et qu’il parla de Lui » (Jean 12:41).

Le ciel contient sans doute beaucoup d’objets divers, dont l’énumération s’allongerait indéfiniment à qui voudrait les compter. Sous forme de symboles, les chapitres 2 à 5 et 19 à 22 de l’Apocalypse en font, sans l’épuiser, l’interminable liste. Il faut que nous cherchions ces choses invisibles qui sont en haut, et que seuls les regards de la foi peuvent distinguer (2 Cor. 4:18). Il faut que nous pensions à ces choses et non pas à celles qui sont sur la terre (Col. 3:2).

Mais souvenons-nous que la parole de Dieu les résume dans un seul mot, quand elle dit : « Les choses qui sont en haut, où le Christ est assis à la droite de Dieu » (Col. 3:1).

Telle doit être notre occupation ici-bas, telle est l’occupation des âmes délogées, telle sera éternellement celle de tous les rachetés, ressuscités et glorifiés, rassemblés dans une parfaite unité d’amour et de louanges, autour de leur Sauveur.

Chrétiens, ne vous laissez détourner par personne de penser à Lui seul !

En Eccl. 3:19-20, il semble que l’homme n’a pas d’avantage sur la bête, que tous les deux ont un même souffle ou esprit, et que tout va dans un même lieu, ce qui conduit certains à penser que l’esprit ou âme reste dans la tombe. Une telle réflexion, qui se borne à voir l’apparence des choses, correspond au caractère du livre de l’Ecclésiaste qui relate les propos d’un sage (« l’Ecclésiaste » signifie « le Prédicateur ») ne disposant d’aucune révélation directe de la part de Dieu. Sur ce qui se passe après la mort, on cite souvent un autre verset de ce même livre : Eccl. 12:7 : « l’esprit retourne à Dieu qui l’a donné ». Ce verset montre déjà que tout n’est pas fini avec la mort, et qu’il y a un Dieu, et qu’il faudra avoir à faire à Lui. Mais certains se servent de ce verset pour faire taire la conscience des péchés.

Or un autre verset de l’Ecclésiaste va plus loin pour éclairer l’avenir ; c’est le dernier verset de ce livre (12:14) : « Dieu amènera toute oeuvre en jugement, avec tout ce qui est caché, soit bien, soit mal », ce qui est en plein accord avec le Nouveau Testament où Héb. 9:27 nous dit : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois, - et après cela le jugement ». Voilà ce qui arrive quand l’esprit « retourne à Dieu ». On ne peut plus se cacher.

Ces passages de l’Ecclésiaste soulignent aussi qu’il y a UN seul Dieu, ce qui figure tout du long de la Bible. Certes, il y a trois Personnes divines (Père, Fils et Saint Esprit), mais c’est quand même UN seul Dieu. Cela exclut toute idolâtrie (multitude de dieux) et tout panthéisme (voir une manifestation de Dieu dans toutes les créatures animales ou végétales). Ce Dieu est un Dieu vivant qui sait ce que nous faisons, car tout est enregistré dans des livres (Apoc. 20:12).

Certains disent que l’âme, lorsqu’elle est séparée du corps s’endort et demeure dans cet état de sommeil inconscient jusqu’à la résurrection. Cet enseignement, qui s’appuie principalement sur quelques expressions mal comprises de l’Ancien Testament, est tout à fait erroné. Comme on l’a vu en rapport avec Luc 16, les âmes des morts ne dorment pas, mais elles vont dans le hadès, ou lieu invisible. Les âmes de l’homme riche et du pauvre Lazare sont toutes deux dans le hadès, et même elles ont la pleine conscience de leur état et le souvenir clair de ce qui s’est passé sur la terre ; l’une est dans la paix et le repos ; l’autre dans la souffrance et le tourment. Ainsi il y a dans le hadès de la joie et de la douleur. Cependant le hadès n’est l’état final, ni pour les justes, ni pour les injustes. Il désigne l’état intermédiaire dans lequel se trouvent les âmes des morts.

Lorsque Jésus mourut, son âme alla aussi dans le hadès (voyez Act. 2:27)… pour trois jours car ensuite il est ressuscité ; mais le hadès était pour lui le paradis de Dieu. « Aujourd’hui », dit-il au brigand qui était à son côté, « tu seras avec moi dans le paradis ». N’est-ce pas tout autre chose que : « Aujourd’hui tu t’endormiras et tu ne sauras plus rien ni de toi, ni de moi » ? Ce n’aurait pas été une grande consolation pour le pauvre brigand. Paul parle aussi de la même manière : « J’ai le désir de déloger et d’être avec Christ, car cela est de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23). S’il n’avait attendu pour son âme que le sommeil, il aurait préféré demeurer en vie ; car une vie consciente avec Christ, bien qu’au milieu de beaucoup de tribulations extérieures, avait infiniment plus de prix pour un homme, pour qui Christ était tout, qu’un sommeil inconscient, un assoupissement sans joie et sans Christ.

Si un homme meurt, son âme ne s’endort pas, mais elle passe dans l’éternité, sans doute pas encore dans le lieu de son éternelle destination, mais dans le hadès, dans cet état intermédiaire qui, pour ceux qui se seront endormis en Christ, signifie profond repos et profonde joie — ils sont auprès de Jésus — et pour ceux qui sont morts dans leurs péchés, un état de tourment sans espérance ; car, dit Abraham, « un grand gouffre est fermement établi entre nous et vous ; en sorte que ceux qui veulent passer d’ici vers vous ne le peuvent, et que ceux qui veulent passer de là ne traversent pas non plus vers nous » (Luc 16:26). Le sort de ces deux classes est fixé pour toujours. Oh ! que sera-ce pour les réprouvés, de se souvenir là des nombreuses occasions où le message de grâce leur a été annoncé, mais où le désir des voluptés de la vie, la crainte des hommes, l’amour du monde et de ce qui lui appartient, la recherche des plaisirs et autres choses semblables remplissaient leur cœur et étouffaient chez eux toute pensée sérieuse à propos de la mort et de l’éternité.

L’idée de réincarnation n’a aucun fondement dans la Bible, mais seulement dans diverses religions idolâtres, comme l’hindouisme et les doctrines basées sur l’occultisme ou le spiritisme.

Dans les milieux occidentaux, la réincarnation est présentée comme une chose bonne, qui enrichit, par l’expérience et les souvenirs des diverses vies passées ; l’inquiétude de ce que l’on rencontrera après la mort s’estompe.

Dans les milieux hindous, la réincarnation est un fardeau d’afflictions, un cycle de tourments auquel on cherche à échapper ; en Inde, la cérémonie d’incinération des corps sur un bûcher en plein air a pour but de contribuer à cette évasion.

Une telle contradiction - chose bonne en Europe, ailleurs source de tourments infinis - est typique des fausses doctrines.

La Bible montre constamment que, après la mort, le sort devant Dieu est fixé immédiatement. Les passages déjà vus en Luc 16 ou 23 montrent ou bien une souffrance immédiate ou bien un lieu de délices. Hébreux 9 :27 nous dit qu’il est réservé aux hommes de mourir une fois — littéralement : « une seule fois » — et après cela le jugement : Toute notion de recommencer une existence en rapport avec la terre est donc formellement exclue.

Les seuls cas d’êtres qu’on a revus sur la terre après leur mort sont des cas de croyants, apparus brièvement (Samuel, 1 Sam. 28 ; Moïse et Élie sur la sainte montagne, Luc 9:30-31 ; des saints en grand nombre lors de la résurrection du Seigneur, Matt. 27:52-53), mais d’aucun d’entre eux il ne nous est dit qu’il ait recommencé une nouvelle existence sur la terre.

La réincarnation est une doctrine extrêmement dangereuse dont Satan se sert pour détourner l’attention du jugement annoncé par la parole de Dieu. Les prétendus souvenirs de vies antérieures ne sont que des mensonges ou des illusions de l’imagination.

L’idée que les esprits des morts restent dans les environs des habitations, circulent parmi les vivants, s’occupent de leurs affaires et ont besoin d’être apaisés, est une idée païenne classique dans beaucoup de pays. Elle est en opposition complète avec le passage de Luc 16 déjà vu.

On aurait pu croire que ces idées de culte des ancêtres étaient des idées surannées de païens, et qu’elles n’avaient plus cours dans un monde civilisé. Malheureusement, quand on y regarde de près, on s’aperçoit que le culte des saints et la « communion des saints » introduits par l’église catholique ne diffèrent pas dans leur principe de ce culte des ancêtres. Les saints dans la Bible sont des croyants vivant sur la terre, tandis qu’en doctrine catholique, ce sont des esprits dans le ciel (ou au purgatoire). Dans cette doctrine catholique, on peut aussi prier ces « saints », parler à nos proches décédés, pour qu’ils interviennent en faveur des vivants. Ils ont ainsi la capacité de se mêler des affaires des vivants. Ces relations mutuelles entre les « saints » morts et les vivants sur la terre sont désignées par le terme « communion des saints ».

S’il y a des esprits qui circulent, qui courent même ça et là, et qui influent dans une mesure sur les affaires des vivants, ce sont seulement les démons à l’instigation de Satan leur chef (Job 1:7) et pas du tout les esprits des ancêtres. Le croyant a été délivré du pouvoir des ténèbres (Col. 1:13), mais doit revêtir l’armure complète de Dieu pour tenir ferme et résister contre la puissance spirituelle de méchanceté qui est dans les lieux célestes (Éph. 6:10-18).

Quelle est l’influence de ces « esprits » des ancêtres, c’est-à-dire pratiquement de leurs âmes ? Luc 16 a montré clairement que l’âme ou esprit est en hadès, et pas du tout dans l’environnement des vivants, et que ces esprits ou âmes sont dans l’incapacité d’intervenir en aucune manière !

La Bible utilise plusieurs expressions pour décrire la réalité de ce qui attend ceux qui ne se sont pas mis en règle avec Dieu :

  • « La géhenne, le feu inextinguible [= qu’on ne peut pas éteindre], là où leur ver ne meurt pas et où le feu ne s’éteint pas » (Marc 9:43-48)
  • « un lieu de tourment, dans une flamme » : Luc 16:23, 24, 28. Ce passage montre que ceux qui sont morts dans leur péchés souffrent dès après leur mort, et sont conscients de leur état de souffrances loin de Dieu.
  • « l’étang de feu embrasé par le soufre, l’étang brûlant de feu et de soufre » (Apocalypse 19:20; 20:15; 21:8). Le rappel que telle est la part des méchants est fait juste au moment où il vient d’être dit que toutes choses sont faites nouvelles, et que Dieu essuiera toutes larmes des yeux de Son peuple (Apoc. 21:4-8). Ce même passage rappelle aussi que c’est maintenant (et non pas plus tard) le temps de la grâce : « À celui qui a soif, je donnerai, moi, gratuitement, de la fontaine de l’eau de la vie ».
  • « les ténèbres de dehors : là seront les pleurs et les grincements de dents » (Matt. 8:12)

La vie éternelle avec le Seigneur sera le partage de tous les rachetés. Ce sont les croyants de tous les âges, auxquels s’ajoutent les irresponsables, dont, en nombre incalculable, les petits enfants. Tous auront eu part, à titre soit de ressuscités soit de transmués, à la « première résurrection », la « résurrection de vie », en ses diverses phases : venue du Seigneur selon 1 Thess. 4, et résurrection des morts de la grande tribulation (Apoc. 20:4). Il faut certainement y joindre, à « la fin », après le règne, une transmutation des croyants du millénium.

« Bienheureux et saint celui qui a part à la première résurrection : sur eux la seconde mort n’a point de pouvoir » (Apoc. 20:6). Ce ne sont donc pas tous les hommes qui « auront part » à cette première résurrection ; cette vie éternelle avec le Seigneur ne sera pas le lot de tous. L’illusion d’une réconciliation de tous les hommes, autrement dit la doctrine du salut universel, est pourtant fort répandue chez ceux qui veulent ignorer l’Écriture. C’est une erreur fatale. Il est parfaitement vrai que Christ est « mort pour tous », mais seul est mis au bénéfice de son œuvre « quiconque croit » (Rom. 1:16). Ceux qui, en quelque temps que ce soit, auront refusé la grâce, s’en seront exclus eux-mêmes. « Si vous ne croyez pas que c’est moi », disait Jésus à ses adversaires, « vous mourrez dans vos péchés » (Jean 8:24). Pour ceux qui seront ainsi « morts dans leurs péchés », il y aura la « résurrection de jugement » (Jean 5:29). « Le reste des morts ne vécut pas jusqu’à ce que les mille ans fussent accomplis » (Apoc. 20:5), est-il dit après l’annonce de la première résurrection, celle des « bienheureux » ; et ces « morts » ressuscitent pour comparaître devant le grand trône blanc, « les morts, les grands et les petits », et ils sont « jugés d’après les choses… écrites dans les livres, selon leurs œuvres » (Apoc. 20:12). L’Écriture est positive : on ne peut être sauvé sans propitiation, et pour ceux qui rejettent Christ, « il ne reste plus de sacrifice pour les péchés » (Hébr. 10:26). Parler de salut universel, c’est nier la justice de Dieu en raison de l’idée imparfaite qu’on prétend se faire de son amour. C’est renverser l’Évangile. Allez donc prêcher l’Évangile à des gens auxquels vous direz en même temps que finalement ils peuvent être sauvés tout en refusant Christ!

Il ne saurait pas davantage être question d’une cessation de toute existence, pour les inconvertis, avec la mort corporelle (comme le prétendent les Témoins de Jéhovah et beaucoup d’autres avec eux). C’est ce que souhaiterait l’homme naturel. « Mangeons et buvons, car demain nous mourrons » (És. 22:13). Là encore la Parole est formelle : « Il est réservé aux hommes de mourir une fois, — et après cela le jugement » (Hébr. 9:27). La résurrection de jugement, le grand trône blanc, la sentence finale, ce sont là des réalités, redoutables sans doute, mais des réalités certaines.

Le lecteur sincère de l’Écriture ne peut échapper à la conviction que, de même qu’il y a la vie éternelle pour les croyants, il y a une « colère » divine qui vient sur les autres (Rom. 1:18), un jugement terrible pour les « morts dans leurs péchés », qu’ils aient péché sans loi, sous la loi (Rom. 2:12), ou qu’ils aient refusé l’Évangile de la grâce. Chacun d’eux sera jugé selon ses œuvres, et recevra un châtiment mesuré à la grandeur de son offense, selon la parfaite sagesse de Dieu.

« Détruire et l’âme et le corps, dans la géhenne » (Matt. 10:28) est sans contredit l’équivalent de la seconde mort, mais cela ne signifie en aucune manière l’annihilation : destruction n’est pas anéantissement, et « destruction éternelle » encore moins, car le terme implique la durée sans fin de la destruction. La mort, que ce soit la première ou la seconde, n’est pas la cessation de l’existence. Moralement, nous étions tous morts dans nos fautes et dans nos péchés (Éph. 2:1), mais nous existions bien, vivants au péché ; les morts qui attendent le jugement existent ; les morts jugés existeront, mais privés de la vie éternelle avec Jésus, sous la « colère de Dieu ». Pourquoi le feu serait-il qualifié d’éternel, s’il consumait tout en un instant ? Le feu inextinguible, le ver qui ne meurt point, sont des figures, assurément ; mais ces figures sont chargées de traduire ce que nous ne pourrions concevoir autrement : comment nous parleraient-elles d’un feu inextinguible qui n’aurait plus rien à brûler, d’un ver qui ne meurt point et qui n’aurait plus rien à ronger ? Ces figures sont reprises par le Nouveau Testament à l’Ancien, mais elles se trouvent dans la bouche de Jésus et dans le langage du Saint Esprit par les apôtres, et sont appliquées par eux à d’autres durées que celles, temporelles, de la première création.

Éternité des peines, doctrine effrayante. Soit. Qu’elle le soit assez pour faire trembler à salut les pécheurs : Félix était « tout effrayé » d’entendre Paul discourir sur le jugement à venir (Actes 24:25), et il a pour son malheur résisté à cet effroi. Qu’elle le soit assez pour que les croyants prennent à cœur le salut des pécheurs ! Mais comment oublier que, pour que « Jésus… nous délivre de la colère qui vient », il n’a fallu rien moins que sa mort sur la croix ? Il a connu la première et la seconde mort, sans quoi nous en serions encore passibles. Il a éprouvé toute l’horreur de la seconde mort quand elle étendit sur Lui, fait péché pour nous, son ombre terrible pendant les trois heures de ténèbres à Golgotha, avant qu’il n’entre dans la première, mais en vainqueur, ayant payé le salaire du péché. Il a connu à notre place l’abandon de Dieu avant de crier « à haute voix… : Père ! entre tes mains je remets mon esprit » (Luc 23:46).

Les fausses idées et fausses doctrines sont si nombreuses qu’on ne peut toutes les considérer. D’ailleurs, on ne s’y ferait aucun bien car leur examen souille toujours. Elles varient aussi selon les pays.

Purgatoire : L’idée d’un feu purifiant après la mort n’a aucun fondement dans la Bible. Seul le sang de Christ peut laver le pécheur de ses péchés. Si cela n’est pas fait, par la foi, de notre vivant, il est trop tard pour le faire ensuite.

Pareillement, l’idée d’un développement graduel de l’âme après qu’elle a quitté le corps, n’a aucun fondement biblique et est contraire aux passages déjà vus.

Retenons en définitive la bienheureuse espérance (Tite 2:13) qui était celle des Thessaloniciens, qui s’étaient « tournés des idoles vers Dieu… pour attendre des cieux son Fils, qu’Il a ressuscité d’entre les morts, Jésus, qui nous délivre de la colère qui vient » (1 Thes. 1:9-10). Et entre temps, si l’un de nos bien-aimés frère ou sœur en Christ, vient à « s’endormir », souvenons-nous qu’« être avec Christ… est de beaucoup meilleur » (Phil. 1:23) et que la résurrection d’entre les morts est une certitude.

« Quand ce corruptible aura revêtu l’incorruptibilité et que ce mortel aura revêtu l’immortalité, alors s’accomplira la parole qui est écrite (És. 25:8) : « La mort a été engloutie en victoire » (1 Cor. 15:54).