L'ancien secrétaire d'État John Kerry a déclaré que l'Arabie saoudite et Israël veulent "désespérément" convaincre les États-Unis de mener une guerre totale contre l'Iran.
Lors d'un débat lors d'un forum sur la réduction des armements nucléaires mardi à Washington, Kerry a déclaré que les dirigeants israéliens, égyptiens et saoudiens ont agressivement poussé les États-Unis à attaquer l'Iran et potentiellement tuer des centaines de milliers de civils innocents.
Zerohedge.com rapporte: Kerry a décrit la période précédant l'accord comme impliquant un lobbying intense et agressif par les trois pays pour l'escalade militaire, dont les dirigeants ont tenté d'intervenir personnellement. "Chacun d'eux m'a dit: Vous devez bombarder l'Iran, c'est la seule langue qu'ils vont comprendre", a raconté Kerry lors du forum de mardi.
Il a ensuite expliqué: «Je me souviens de cette conversation avec le président Moubarak. Je l'ai regardé et j'ai dit: C'est facile à dire. Nous allons les bombarder et je parie que vous serez le premier gars le lendemain à nous critiquer pour le faire. Et il a répondu : "Bien sûr, ha-ha-ha-ha!"
Kerry a également identifié Benjamin Netanyahu comme jouant clairement un rôle de premier plan dans la recherche d'une action militaire directe contre l'Iran, déclarant: "C'était un piège à bien des égards. Mais plus important encore, le Premier ministre Netanyahu agissait férocement pour agir militairement contre l’Iran. "
Bien que l'on ne sache pas exactement quand ces échanges ont eu lieu, Kerry a présidé le Comité des relations étrangères du Sénat des États-Unis de 2006 à 2013 avant son mandat de secrétaire d'État sous la direction d'Obama. C'était également la même période d'invasion post-Irak que le changement de régime en Syrie était ouvertement discuté. La Syrie a longtemps été considérée comme l'alliée la plus proche de l'Iran et comme constituant un pont géographique potentiel reliant les alliés chiites de l'Iran et de l'Irak au Hezbollah au Liban. Israël a récemment intensifié sa rhétorique contre l'Iran, affirmant que la République islamique chiite établit une présence militaire permanente dans la Syrie ravagée par la guerre pour soutenir le gouvernement Assad et le Hezbollah - un scénario intolérable que Netanyahu a qualifié de "ligne rouge".
Comme récemment encore confirmé lors d'une session d'urgence de la Ligue Arabe tenue au Caire il y a deux semaines, l'Iran est actuellement visé par Israël et l'Arabie Saoudite pour à peu près toutes les tensions qui ont récemment explosé dans un Moyen-Orient de plus en plus volatile. Au Yémen, les attaques de missiles Houthi contre Riyad, les querelles intestines entre le Conseil de coopération du Golfe (CCG), la «prise de contrôle» du Hezbollah au Liban, ainsi que la guerre s en Syrie. Cependant, comme l'a toujours dit Kerry l'année dernière, «l'Iran mérite les avantages de l'accord qu'il a conclu».
Et à tout le moins, la révélation par Kerry de l'activisme constant d'Israël et de l'Arabie saoudite confirme que ces deux alliés de plus en plus étroitement liés (comme le confirme leur relation de partage du renseignement récemment révélée) ne sont pas "victimes" de l'agression iranienne. Ce sont ces deux pays voyous qui sont les agresseurs en Syrie, au Yémen, au Liban et ailleurs. En réalité, ces agresseurs font un lobbying intense (hier auprès d’Obama, et aujourd’hui auprès de Trump) pour une «frappe préventive» de « style Bush » sur Téhéran.
Lors du forum sur la réduction des armes nucléaires mardi, Kerry a averti que sans l'accord (signé avec l’Iran), l'Arabie saoudite, la Turquie et l'Égypte seraient actuellement enfermées dans une course aux armements nucléaires, et la région serait beaucoup plus proche d'une guerre majeure. Mais de plus en plus, les guerres indirectes actuelles de la région menacent de déboucher sur des guerres ouvertes au moment où Daech/ISIS est vaincu et où le projet de changement de régime en Syrie a échoué.
Dans une allocution particulièrement virulente à l’égard du régime iranien, qualifié de « dictatorial » et de « principal parrain du terrorisme dans le monde », le président américain Donald Trump a annoncé, vendredi 13 octobre, sa décision de ne pas certifier l’accord historique sur le nucléaire conclu en juillet 2015 par son prédécesseur Barack Obama.
L’accord étant un « plan d’action » et non un traité, il n’a pas été soumis au Congrès pour ratification. En réaction, le Parti républicain avait imposé au président la procédure qui oblige le président à « certifier » tous les quatre-vingt-dix jours au Congrès que la République islamique d’Iran respecte sa part de l’accord. Donald Trump avait auparavant certifié l’accord à deux reprises.
Vendredi, le président américain a martelé qu’il s’agissait du « pire » accord et du « plus déséquilibré » jamais conclu par Washington.
« Cet accord permet à l’Iran de continuer à développer certains éléments de son arsenal nucléaire. (...) Le régime iranien a commis des violations multiples de l’accord. Quel est le sens d’un accord qui ne fait que retarder la capacité nucléaire pour une courte période ? Ceci est inacceptable pour le président des Etats-Unis. »
Dans son allocution, le président américain a aussi affirmé qu’il pouvait y mettre fin à tout moment.
« Dans l’éventualité où nous ne serions pas capables de trouver une solution en travaillant avec le Congrès et nos alliés, alors l’accord prendrait fin. Il est sous examen permanent et notre participation peut être annulée par moi, en tant que président, à tout moment. »
« Beaucoup de pouvoirs mais pas celui là »
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a répondu dans la foulée au président américain, affirmant que M. Trump n’avait pas le pouvoir qu’il avançait. « Le président des Etats-Unis a beaucoup de pouvoirs, pas celui-là », a-t-elle insisté.
« Cet accord n’est pas un accord bilatéral, ce n’est pas un traité international », a-t-elle expliqué. « A ma connaissance, aucun pays au monde ne peut mettre fin seul à une résolution du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a été adoptée, et adoptée à l’unanimité », a-t-elle poursuivi.
De même, le président iranien Hassan Rohani a indiqué que Donald Trump n’avait « pas lu le droit international ». « Est-ce qu’un président peut seul annuler un accord multilatéral et international. Apparemment, il ne sait pas que cet accord n’est pas un accord bilatéral entre l’Iran et les Etats-Unis », a-t-il encore déclaré.
Et de son côté, le directeur général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, a fait savoir que l’Iran fait l’objet du « régime de vérification nucléaire le plus solide ». « Les engagements dans le domaine nucléaire pris par l’Iran dans le cadre » de l’accord signé en 2015 sont appliqués, a-t-il assuré.
Dans les faits, la décision de Donald Trump place désormais le Congrès américain en première ligne : les parlementaires ont soixante jours pour décider de réimposer ou non à l’Iran les sanctions levées depuis 2015.
Les grandes puissances ont tour à tour réagi au discours de Donald Trump. L’ensemble des pays signataires de l’accord regrettent l’annonce de M. Trump, tandis que l’Arabie saoudite ont salué la décision du président américain.
Lire le détail des réactions : L’Europe et la Russie préoccupées par la décision américaine
Trump a l'intention de déclarer Jérusalem comme capitale "indivisible" d'Israël
Donald Trump fait l'éloge de son long périple en Asie lors d'une allocution à la Maison Blanche le 15 novembre
Nicholas Kamm (AFP)
L'annonce officielle pourrait être faite dès la semaine prochaine
La Maison Blanche a informé ses ambassades qu'elle se préparait à déclarer Jérusalem comme "capitale indivisible" d'Israël, a rapporté jeudi le Wall Street Journal. Ce qui enclenche automatiquement la Guerre avec la Palestine, l'Iran, et le Liban.
Citant des responsables américains, le quotidien mentionne que le projet n'est pas encore définitif, mais que l'annonce officielle pourrait être faite dès la semaine prochaine.
La Maison Blanche a toutefois jugé mercredi "prématurées" les informations selon lesquelles les Etats-Unis s'apprêteraient à annoncer le transfert de leur ambassade en Israël de Tel-Aviv à Jérusalem, promesse électorale de Donald Trump.
"Ce sont des informations prématurées. Nous n'avons rien à annoncer", a déclaré Sarah Sanders, porte-parole de l'exécutif.
"Je veux donner sa chance" à ce processus "avant de penser à déménager l'ambassade à Jérusalem", avait déclaré Donald Trump lors d'une émission télévisée. "Nous prendrons une décision dans un avenir pas trop éloigné", avait-il précisé.
Le 7 octobre, Donald Trump avait indiqué que, contrairement à l'une de ses promesses de campagne, l'ambassade américaine en Israël ne serait pas déménagée de Tel-Aviv à Jérusalem avant de tenter de relancer le processus de paix israélo-palestinien.
"Trump ne veut pas signer le décret de renoncement et subit la forte pression des évangéliques, il n'attend donc pas le plan diplomatique", a ajouté une journaliste de la chaîne sur Twitter.
La chaîne israélienne Hadashot (anciennement Channel 2) avait rapporté mardi que, pour le gouvernement israélien, il était "hautement probable" que le président Trump déclare dans les prochains jours la reconnaissance de Jérusalem comme capitale officielle (d'Israël) et annonce "le début des préparatifs en vue du transfert de l'ambassade", citant des sources au sein de l'appareil d'Etat.
Sanctions contre les Gardiens de la révolution
Dans son discours, Donald Trump a par ailleurs annoncé de nouvelles sanctions « dures » contre les Gardiens de la révolution, l’armée d’élite iranienne, accusés de « soutenir le terrorisme », dans le cadre de sa stratégie sur l’Iran.
Les Gardiens de la révolution « ont détourné de vastes parts de l’économie iranienne et saisi les dotations religieuses pour financer la guerre et la terreur à l’étranger », a-t-il accusé, autorisant le département du Trésor américain à les « sanctionner davantage ».
Il n’a toutefois pas décidé de classer ce groupe parmi les « organisations terroristes », comme l’hypothèse en avait circulé.